Mediapart.fr – 250 demandeurs d’asile et sans-papier dont 80 enfants menacés d’être jetés à la rue… Un kyste ?

Réseau Éducation Sans Frontière (RESF)

A Rennes comme ailleurs, de nombreux migrants sont confrontés à des difficultés de logement dramatiques en ce début d’hiver.

Les demandeurs d’asile, à qui les conventions européennes
accordent pourtant un droit au logement,
ne trouvent pas place dans les CADA.

Les tentatives de la préfecture de les répartir sur
les quatre départements bretons n’aboutissent
qu’à les envoyer à la rue ailleurs.

Viennent grossir les rangs des sans-abri :

  • les très nombreux demandeurs d’asile placés sous statut Dublin 2,
  • les demandeurs d’asile en procédure prioritaire
    venant des pays dits « sûrs »,
  • les déboutés du droits d’asile expulsés des CADA qui se retrouvent
    sans domicile quand ils ont la chance de ne pas être
    assignés à résidence,
  • des Roumains européens de seconde zone,
  • des Roms rejetés de partout
  • et autres sans-papiers épuisés.

Tout ce petit monde tente de survivre dans les rues de notre belle
cité bretonne, aidés par quelques associations débordées.

Des hommes, des femmes seules, des familles avec enfants,
des femmes enceintes, des nouveaux-nés, des malades.

Que peuvent-ils faire ?

Ils se réfugient dans des squats, dont plusieurs appartiennent
à la Ville de Rennes, qui les expulse sans scrupule
à la veille de l’hiver
, alors qu’il n’y a
aucun projet immédiat
pour ces bâtiments
.

Des propositions de relogements ?

3 nuits d’hôtel généreusement octroyés,
dont ils ne pourront même pas bénéficier,
l’hôtelier ayant décidé que le « pédigrée »
de ces gens ne lui convenait pas.

A quelques kilomètres de là, dans la commune de Pacé,
250 autres migrants, dont 80 enfants, accompagnés
par le DAL 35, se sont installés dans une ancienne
maison de retraite désaffectée.

Mais la justice a décidé de leur expulsion
à partir du 15 novembre 2012.

Et depuis cette date, ils vivent dans l’angoisse
de cette menace d’expulsion mais dont nul
ne juge utile de leur indiquer la date.

Angoisse de se retrouver à la rue en plein hiver.

Angoisse d’être confrontés à la police, pour ces exilés
qui ont souvent de terribles souvenirs
de la police de leur pays.

Angoisse de perdre le mobilier qu’ils ont patiemment
récupéré pendant ces six mois de squat.

Angoisse de perdre, encore une fois, ce lieu de vie,
où tout n’a certes pas été idyllique, où la vie quotidienne
n’a pas toujours été simple, où la promiscuité a parfois
crée des tensions, mais où cependant ils ont pu se poser
et se reposer, reconstruire une vie de famille, scolariser
leurs enfants, oublier la vie au 115, si épuisante
et si porteuse d’angoisse.

Alors, même si un groupe d’identitaires bretons s’est élevé
contre leur présence, même si certains voisins les trouvent
bien dérangeants, la population vient leur apporter son soutien.

Le 7 novembre, 300 personnes, militants et habitants
de la commune, sont venus au squat leur dire leur solidarité.

Dans la commune, un collectif de citoyens s’est formé pour
réclamer leur relogement dans des conditions dignes
et interpelle inlassablement les autorités.

Et les professeurs et parents d’élèves d’un collège
de Rennes appellent à un rassemblement
samedi 24 novembre devant
la mairie de Rennes.

Des professeurs, révoltés de voir leurs élèves angoissés
changer de comportement en classe ou ne plus venir
de peur de ne plus retrouver leur famille le soir,
téléphonent à la préfecture.

Alors certes ils seront expulsés

Certes, malgré les déclaration de le préfecture qui déclare
chercher des solutions de relogement ou, au moins,
de « mise à l’abri », l’interminable attente se poursuit.

Mais ils n’oublieront pas que des citoyens se sont mobilisés
pour clamer que « un toit c’est un droit » pour tous
et réclamer que les autorités prennent leur
responsabilité sur cette lancinante question
du logement des migrants.

Réseau Éducation Sans Frontière (RESF)Armelle Bounya,
RESF35,
DAL35

Source : Mediapart.fr ; DAL35 ; Indymedia


Retours sur « le Pacé »…


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