3 éclaireurs du Village en route pour la Halte de la Baumette

Dans la fin d’après-midi, l’une de nos source nous indiquait que la halte de nuit municipale,
la Halte de la Baumette, serait ouverte aux sans-abri ce soir-même, 7 jours après une ouverture manquée qui nous fut annoncée par le directeur adjoint du Cabinet
de la mairie, en personne, lors de notre rencontre au Village.

C’est cette même annonce que nous avions alors interprété comme un ultimatum
lorsque nous fûmes enjoint de quitter le Village dès que cette halte de nuit
serait opérationnelle : lundi 3 décembre 2012.

Le Gymnase de la rue du général Bizot

En partance du Village à destination de la Baumette, sur le chemin, nous décidons de passer au gymnase récemment réquisitionné par la préfecture de Maine-et-Loire.

Agent de sécurité et liste du Samu social

Ce fut l’occasion pour nous de constater
que les entrainements sportifs ont repris
au Gymnase. L’agent de sécurité rencontré
quelques jours plus tôt n’était plus là.

À notre arrivée, derrière un véhicule garé sur le trottoir, devant
le Gymnase, 2 personnes se tiennent près de la porte.

Nous apprendrons plus tard que l’une de ces deux personnes, notre interlocutrice
lors de cette visite improvisée n’est autre que la directrice de la DDASS
celle que nous surnommerons la Veuve noire.

Dès le début de notre discussion, nous sentons une très forte réserve de leur part :
à quelques questions simples, seulement des réponses floues, tandis que la personne
qui l’accompagne reste en retrait tout le long de notre discussion. Entre autres bafouillages, la Veuve noire nous disait être ici pour « rendre un service » au 115 :
réorienter vers la Halte de la Baumette une famille qui pensait pouvoir dormir
au Gymnase cette nuit-là. Nous apprendrons par la suite que la famille
en question, ignorant la fermeture du Gymnase ce jour-là, y avait laissé
ses effets personnels le matin en pensant pouvoir y accéder le soir-même.

Nous avons alors commencé à lui parler du Village dont elle ne semble connaître
que quelques ragots tels « il y a l’électricité… et encore ».

Après un rapide topo de la situation du Village puis, sujet de notre excursion nocturne,
la Halte de la Baumette avec un diaporama des photos prisent lors notre avant-première improvisée quelques jours auparavant. Bizarrement, bien que paraissant pressée
que l’on en finisse avec notre discussion commencé depuis quelques minutes,
la Veuve noire resta jusqu’à ce que nous décidâmes de poursuivre notre route.

L’exode de la gare Saint Laud

Nos 3 compères reprennent alors leur route en direction de la gare Saint Laud
pour enfin arriver à la Halte de la Baumette mais, sur leur chemin, ils croisent
le Refuge, un squat datant de l’hiver dernier (2011-2012).

Le Refuge, 14 rue Audusson à Angers (10 décembre 2012)À l’époque, la Mutualité Française Anjou Mayenne (MFAM),
le propriétaire, rappelait l’urgence de la destruction
de cette maison bourgeoise angevine.

Nous constatons qu’il n’en est rien. Au lieu de procéder
à la destruction de cette maison en pierre de taille,
la MFAM décida d’ajouter des parpaings !

Le Refuge (10 décembre 2012)

Reprenant leur route, nos 3 compères arrivent rapidement à la gare Saint Laud,
par la passerelle enjambant les voies ferrées, d’où ils voient le début de l’exode
des sans-abri : humains de France, du Kosovo, de Somalie et d’ailleurs
s’en vont à la Halte de la Baumette.

La Halte de la Baumette

Vers 21h, à la Baumette, boulevard Olivier Couffon, nous voyons au loin les projecteurs
du parking réquisitionné par la mairie pour cette halte de nuit.

la Halte de la Baumette (lundi 10 décembre 2012)Arrivés à l’aire de camping-car dont seulement quelques centaines de m2
de réquisitionné pour les « blocs modulaires », nous retrouvons la trentaine
de personnes venues depuis la gare Saint Laud pour attendre leur tour
devant la seule et unique grille d’entrée de la Halte de la Baumette.

la Halte de la Baumette à travers les grilles (lundi 10 décembre 2012)

Bien que nous préférerions la savoir en sureté dans un appartement, nous sommes
heureux de revoir la famille Kosovar récemment refusée au Gymnase. Au moins,
les enfants ont encore le sourire et la famille ne dormira pas dehors ce soir.

À leur côté, un soutien très actif des demandeurs d’asile sur Angers,
tel un Marcheur en quête d’humanité dans les rues de la ville d’Angers.
Bien que nous ne sommes pas surpris de sa présence en ce lieu
et à ce moment précis, nous sommes rassurés de le voir ici.

L’art et la manière de se décharger sur les autres…

Sur place, 2 agents de sécurité qui, bien que fort sympathiques, donnent un air
très carcéral à la Halte de la Baumette
. Nous constatons également
la présence du Samu social et … de la Veuve noire se faufilant
entre grilles et grillages de la Halte de la Baumette.

Apparemment, une dizaine de personnes entrées
avant notre arrivée sont en cours d’installation
,
le tout « supervisé à distance » par la Veuve noire.

Au fil des discussions avec les sans-abri que nous connaissons, le Marcheur,
les agents de sécurité, le Samu social et la Veuve noire, nous apprenons que :

  • aucune couverture n’a été prévue ;
  • l’eau courante sur place n’est pas potable ;
  • le Samu social, chargé de fournir eau potable en bouteille et couvertures,
    fut averti 4 heures seulement avant l’ouverture de la Halte de la Baumette ;
  • l’unique porte extérieure de chaque « bloc modulaire » ne s’ouvre
    que de l’intérieur
    (ou avec une clef que les occupant-e-s
    n’ont pas à leur disposition) ;
  • les agents de sécurité ont pour consigne de verrouiller toute la nuit
    la grille d’entrée
    de la Halte de la Baumette, pour ne la rouvrir
    qu’entre 7h et 9h du matin
    … le temps que les occupant-e-s
    récupèrent leurs affaires à la bagagerie située proche
    de l’unique sortie avant de quitter les lieux.

Lorsque la plupart des personnes devant la grille étaient entrées, la Veuve noire,
obligée de sortir par la seule et unique grille d’accès à la Halte de la Baumette,
se faufila le long d’une grille et les dernières personnes en attente,
tentant de nous éviter… en vain.

Apparemment, elle nous avait reconnus. Mais nous aussi. Nous l’attendions.
Après une timide et positive réponse à la question : « Êtes-vous
la directrice de la DDASS ? »
, nous tentons de lui faire part
des différentes problématiques concrètes
auxquels nous sommes confronté-e-s :

  • la scolarisation des enfants,
  • la remise en service de l’eau courante (2 des 4 maisons)
  • et de l’électricité (plus qu’une maison),
  • les couvertures sales en attente de désinfection préventive et de lavage.

À cela, la Veuve noire nous renvoi sur le 115… comme si le 115 n’avait que ça à faire !
Comment passer d’un « État qui doit » à « associa-sauve qui peut ».

Nous retenons la leçon.

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